Pauline Curnier Jardin

Le travail de Pauline Curnier Jardin se projette dans une oeuvre d’art totale, et réfléchit à l’invention d’un univers démocratiquement peuplé par des objets non fonctionnels, des animaux, des végétaux, des hommes, des monstres et des femmes. À partir d’une recherche sur sujet existant, réel ou immatériel qu’il soit un sentiment (la solitude), un personnage historique ou mythologique (Jeanne d’Arc, Bernadette Soubirous, Demeter), un lieu ou un contexte (la centrale nucléaire, le cirque, la Rennaissance) ou un objet (la grotte, la guerre, la mare) elle écrit des histoires entières, complexes, et qui ont la volonté d’expliquer par un aménagement symbolique ou allégorique, à l’instar d’une épopée, un sujet fondamental (l’humain, le langage, l’amour, la mort). Chacune de ces histoires s’étend sur différents médiums, dessin, photo, film, chansons, performance et installation ; le cinéma et le théâtre stimulant ce travail avant tout.

Cette diversité de médiums l’amène à multiplier les projets d’expositions en France (Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, Palais de Tokyo, Fondation Cartier, Centre Georges Pompidou), et à l’étranger (ZKM Karlsruhe, List Visual Center/MIT Cambridge, Haus der Kulturen der Welt Berlin). Elle est Capt’ain dans le récital dada-femmes les «Vraoums», et a collaboré avec d’autres artistes (Bettina Atala, Antonia Baehr, Catriona Shaw, Marie Losier). Elle a récemment été commissionée pour la dernière biennale Performa 15 – NY et est actuellement résidente à la Rijksakademie van beeldende kunsten.

BlutBad Parade

Pauline Curnier Jardin

Entrez, entrez, prenez place sous le petit chapiteau installé sur le plateau. Bombardé en pleine représentation par l’armée française de 1916, le cirque Mörtel réapparait cent ans après. Sur sa pellicule à sensibilité élevée, la plasticienne Pauline Curnier Jardin a capturé ses fantômes. Pour elle, ils reprennent du service, mais leurs numéros sont hantés par la mémoire des événements passés. Dans une veine carnavalesque, ils retracent leur histoire où s’invite la grande, la mise au pas et la folie qui nourrit tous les conflits. Inquiétant comme une œuvre de Lynch, beau comme un tableau de Botero, le film de Pauline Curnier Jardin transfigure un tragique fait de guerre en un exutoire artistique à libération prolongée. Fantasque et durablement salvateur.

Production Karlsruhe Stadt Kulturbüro
Coproductions Centre d’art la ferme du Buisson et FRAC Champagne-Ardenne